En chirurgie esthétique les risques existent, comme pour toute intervention chirurgicale. Parfois, ils peuvent être liés aux motivations de la patiente. Si les raisons de l’opération ne semblent pas cohérentes ou ne reflètent pas une réelle souffrance, le médecin pourra refuser cette intervention, pour le bien de la patiente. Le Docteur Pierre Nahon, nous explique pourquoi.

En dehors des risques liés à l’intervention, quels sont les autres risques d’une opération de chirurgie esthétique ?
Quand on se fait opérer, il existe bien sûr des risques liés à l’opération elle-même, mais aussi des risques liés aux motivations, à la personnalité, au contexte familial ou professionnel de la demandeuse. Ces risques, ne lui permettront pas de retirer une entière satisfaction   psychologique de l’intervention. Elle aura le sentiment que l’opération   n’était pas utile et elle prendra conscience que cette intervention   n’était pas la solution à son problème. Cette déception pourra même entraîner des problèmes psychologiques supplémentaires.

Les déceptions sont-elles fréquentes ?
Ces situations sont plus fréquentes quand la demande s’éloigne d’une recherche d’harmonie ou de la réparation d’un défaut flagrant qui génère une incontestable souffrance. Les patientes sont déçues quand elles veulent changer, transformer, améliorer telle ou telle partie dans leur corps dans le but d’être plus performante, plus dans le coup, voire de tout simplement se faire plaisir.

Quelle est la responsabilité des médecins et des associations médicales?
Patients et chirurgiens sont bien sûr liés dans cette décision opératoire, mais ce lien peut être ambigu. La liberté de disposer de son corps est largement admise dans notre   société. On ne peut pas reprocher à un individu de vouloir   le transformer. Si le praticien expose tous les risques encourus, que le patient les comprend parfaitement et les accepte, pourquoi ne pas opérer ? Avec les progrès de la médecine les demandes de transformations risquent   même d’être de plus en plus folles. Pour de plus amples informations se reporter á la page Web doctissimo.fr, pour example plasticiens.fr ou à la page Web schönheitskliniken.ch pour associations en suisse.

Le chirurgien peut-il refuser d’opérer ?
Bien sûr. Il faut savoir dire non, savoir refuser quand on sent que l’intervention sera inutile. Il est alors nécessaire d’expliquer pourquoi on refuse l’opération. Ce rejet est   toujours formulé dans l’intérêt du patient, à un   moment donné. Le traitement chirurgical pourra se réaliser plus tard, dans un contexte plus propice, si la demande persiste.

Dans quels cas refuser une opération ?
On mettra en garde les adolescents, chez qui la personnalité n’est pas constituée. Chez eux, le défaut est largement exagéré et   l’image corporelle souvent rejetée en bloc.  On refusera de recevoir des enfants qui n’ont jamais exprimé la moindre demande, mais que leurs parents trouvent bon d’emmener consulter, malgré eux. On déclinera les demandes ne venant pas directement du patient mais de son conjoint, d’une amie, d’un employeur. On sera particulièrement sceptiques devant les transformations ethniques, les patients déprimés, ceux présentant des addictions   majeures (tabac, alcool, drogues, psychotropes…).  On fera également renoncer les patients dans des situations financières difficiles, ceux souhaitant se faire opérer en cachette, ceux dont l’entourage est particulièrement hostile etc. Ce refus peut être paradoxalement   mal perçu par les patients qui y voient une sorte de mépris du praticien envers eux ou une atteinte à leur liberté.

Quels sont les risques pour un patient de se faire opérer contre avis médical ?
Si le résultat ne satisfait pas le patient, il peut se retrouver plongé dans un état psychologique aggravé par rapport à la situation de départ. Sa demande d’intervention est renforcée et il peut se retrouver embarqué dans des péripéties chirurgicales très pénibles

Docteur Pierre NAHON pour Doctissimo