Le slogan de Transform n’y va pas par quatre chemins : “Pour Noël, offrez-lui un corps refait à neuf!”

Cette clinique de Manchester a provoqué un tollé en présentant en direct dans un reality-show ses opérations de chirurgie esthétique et en vantant son dernier produit en date : des chèques-cadeau pour Noël.

Selon la valeur du bon, l’heureux(se) bénéficiaire pourra choisir parmi la vaste gamme d’interventions proposées, de la rhinoplastie aux implants mammaires.
Transform n’est pourtant pas la seule clinique à exploiter ce filon : le groupe médical Hadley, également présent à Manchester, a lancé un ballon d’essai avec des chèques-cadeau baptisés “Le remodelage salvateur du Père Noël”.

Les patients peuvent acheter à l’intention de leur fille ou de leur compagne des bons couvrant intégralement les frais d’une correction du nez ou de tout autre partie du corps.
Douglas McGeorge, chirurgien esthétique conseil à l’hôpital public du North Cheshire, à Warrington, et membre de l’Association britannique des chirurgiens plastiques, dénonce un stratagème commercial cynique qui peut pousser des individus qui n’en ont ni particulièrement besoin, ni particulièrement envie à recourir à la chirurgie.

“Cela va totalement à l’encontre de la déontologie médicale. Qu’un patient consulte parce qu’il estime avoir un problème, soit, mais lui acheter un chèque-cadeau pour une intervention esthétique, c’est scandaleux. Un chèque-cadeau l’incitera forcément à aller voir le chirurgien, et il finira par se faire rafistoler quelque chose même s’il n’y a rien à rafistoler. Nous ne devons intervenir que pour le bien-être du patient, pas pour faire plaisir à son mari ou à sa femme.”

Mais à en croire sa directrice commerciale, Elizabeth Dale, Transform a surtout vendu des chèques-cadeau pour des traitements non chirurgicaux, tels les injections de Botox ou de collagène pour gonfler les lèvres.

“Tous les bénéficiaires de bons passeront un entretien préalable avec un chirurgien ou un médecin non chirurgien, qui décideront si le patient peut ou non subir le traitement. Dans le cas contraire, le chèque sera remboursé. Personne n’est obligé d’accepter le bon, précise-t-elle. Si nous avons lancé ce concept, c’est parce qu’il y avait une vraie demande. Beaucoup de gens cherchent à offrir quelque chose d’original à leur mari ou leur femme, et ça, c’est le cadeau idéal.” “Ces bons peuvent être offerts au sein du couple, ou par un groupe d’amis qui se cotisent”, renchérit Louise Braham, directrice du groupe médical Harley. “Mais je conseille toujours de bien réfléchir, car un chèque-cadeau non sollicité peut être très mal accueilli.”
La limite d’âge inférieure des patients, dans les deux cliniques, est fixée à 18 ans. Pas de limite, en revanche, pour le nombre d’interventions offertes. Les chèques-cadeau ne peuvent être achetés qu’auprès d’une antenne locale de la clinique. Contrairement à Transform, le groupe médical Harley ne rembourse pas, même si le bénéficiaire refuse de passer sur le billard.